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rue_Bleue.JPGIl n’y a pas de mots pour dire la surprise, l’émotion, le choc parfois de cette Afrique magnifique et misérable à la fois.

Ce qui me surprend d’abord, c’est la végétation exubérante : cocotiers, palmiers, bananiers et autres arbres et plantes au nom que j’ignore. Et au milieu, des habitations frustes, en général en terre rouge, couvertes de chaume ou de tôle ondulée rongée de rouille, déformée par le vent, les orages, la chaleur…

Les habitants, très dignes et calmes vaquent à d’improbables occupations. Dans les villages isolés comme Étoko, il n’y a ni électricité ni eau courante. Partout, de petits animaux en liberté cherchent leur nourriture : des chèvres naines, quelques maigres brebis, des volailles. On voit aussi des clapiers avec des lapins. Et partout aussi des enfants déambulent et jouent. Presque toutes les jeunes femmes rencontrées portent un bébé dans le dos, tout en travaillant. On les voit aussi le long des pistes et des routes, portant sur la tête, dans un panier ou une bassine les produits qu’elles vont vendre (bananes, oranges, œufs, pâte de maïs, gari, …)

En ville, par contre, c’est une animation permanente ; dans les rues circulent, dans un désordre apparent, des voitures pour la plupart hors d’âge et une multitude de motos emplissant l’air d’un nuage bleu de gaz d’échappement. Certains engins portent des chargements inouïs, parfois cinq passagers, ou des empilements d’objets, bidons, paniers, sacs de ciment, fagots de bois, etc. J’ai même pu photographier un vélomoteur avec un cercueil sur le porte-bagages ! Et tout cela dans un concert de klaxons et des trajectoires incroyables.

rue_femme.JPGSur les trottoirs une succession ininterrompue d’étals et de boutiques offrent des fruits, des légumes, du poisson séché, des plats cuisinés, des services divers (téléphones mobiles, connexions internet, essence en bouteilles plastiques et en bonbonnes de verre, ateliers de couture, coiffure, etc.). Les passants vont lentement, achètent, palabrent… Des femmes arrivent, majestueuses, avec dans une bassine sur la tête les produits à vendre. Elles ont souvent un bébé dans le dos, parfois la suivent un ou plusieurs enfants plus grands. Elles tiennent par le bras, comme on porte un panier, le tabouret sur lequel elles attendront des heures peut-être d’avoir tout vendu de ce qu’elles ont apporté, qui sait d’où, à pied, à des kilomètres.

Ce qui me frappe, c’est l’extrême dénuement de la plus grande partie de la population. Certains étals, sous de frêles paillotes, au bord des routes et des pistes, ont des airs de cris désespérés.

Quand ce n’est pas la piste de latérite, défoncée par les orages, inondée, où l’on « navigue » à vue, l’état des routes goudronnées défie aussi l’entendement. La république  du Bénin n’a pas les moyens d’entretenir, encore moins de réparer. On mesure l’immense décalage économique qui nous sépare de ce pays et de l’Afrique en général. Depuis une semaine que je suis là, je ne puis m’empêcher d’éprouver une sorte de honte, en faisant malgré tout un effort de raison, car la comparaison est impossible.

Cependant, j’ai conscience que l’action de notre association AJNMB, malgré sa modestie et sa limitation à quelques villages, trouve sa place, à sa mesure, parmi d’autres. J’en ai eu la preuve dans l’accueil émouvant des villages où nous participons au fonctionnement des écoles maternelles communautaires avec notre partenaire local l’ONG ID Pêche. 

 

                 Robertrue_etal.JPG

 

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