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Avlo_122.JPGC’était pour moi la première fois, et cela a été une source d’émerveillement devant les images sublimes du parcours, mais souvent de tristesse à la vue des villages sur les rives, où l’on sent la précarité de la vie des pêcheurs. Surtout quand on sait que les terribles inondations de 2010 les ont complètement ruinés.

 

Cependant, comment ne pas être en admiration devant le spectacle du fleuve, les pêcheurs rencontrés sur leur pirogue monoxyle, tirant des lignes, levant leur filet… Ou d’autres pirogues transportant une ou deux personnes et des paniers, manœuvrées par un homme ou une femme à l’aide d’une longue perche dans un geste élégant, tranquille et précis. On est presque gêné, dans ce silence et cette beauté, du bruit du moteur hors-bord de notre grande pirogue (financée par des communes du Nord Médoc).

 

Au fil de l’eau, nous longeons parfois le cordon dunaire qui sépare l’estuaire, devenu lagune, de l’Océan Atlantique. La plupart du temps, nous glissons le long de la mangrove. De temps en temps, surgit un village avec ses cases couvertes de paille ou de tôle ondulée. Sur la berge, deux ou trois pirogues au repos, des animaux domestiques, porcs, moutons faméliques, chèvres naines, poules et poulets, du linge sèche. Tout autour, la nature luxuriante, des cocotiers, des bananiers, des manguiers, etc. Et le soleil !

 

Après un arrêt au village d’Avlo, la visite de l’école maternelle, la rencontre des femmes, des moments toujours aussi émouvants, nous avons poursuivi jusqu‘à la « Bouche du Roi », ouverture sur l’océan. La marée montait et de lentes vagues s’engouffraient, balançant un peu les trois pirogues qui se trouvaient là. Les pêcheurs, debout dans leur esquif, lançaient l’épervier : vision d’une rare beauté quand le filet se déploie, après avoir tourné au-dessus de l’homme, en un cercle presque parfait qui s’abat sur l’eau brusquement. Avlo 039

 

C’est une image inoubliable que j’emporterai en France parmi tant d’autres ; les fleurs, les oiseaux, les enfants, et aussi les admirables éducateurs, comme Émilienne à Aidjedo,  Paul à Avlo, isolés, avec des dizaines de petits élèves par classe (jusqu’à      68 à Nicoué-Condji), sans presque de matériel, avec des salaires attendus parfois pendant des mois… mais une volonté d’éduquer semble-t-il indomptable. C’est à voir cela aussi, et pouvoir en témoigner, que nos déplacements, même séduisants comme la navigation sur le Mono, servent au-delà du plaisir que l’on éprouve, ne le cachons pas. Mais nous sommes là très loin du tourisme car nous avons aussi de la compassion plein le cœur. Et l’envol d’un héron au détour d’un chenal où nous progressons lentement me semble une métaphore de ce que sont, durant ce voyage, nos pensées et notre désir d’aider ce peuple du Bénin que nous aimons.

 

Robert

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