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UN JARDIN EXTRAORDINAIRE

C’est un jardin extraordinaire !

Il n’y a pas, comme dans la chanson de Trénet « des canards qui parlent anglais » mais il y a bien « des statues qui se tiennent tranquilles tout le jour […] mais (qui) dès la nuit venue s’en vont  danser sur le gazon ».

C’est le jardin de l’hôtel « Chez Monique » à Abomey, capitale des anciens rois d’Agbomé qui, francisé, a donné le nom du pays colonisé par la France sous le nom de Dahomey,  aujourd’hui république démocratique du Bénin.

Ce jardin immense est peuplé de sculptures, de masques accrochés aux troncs des arbres et même, certains arbres sont sculptés sur plusieurs mètres comme des totems. Un sculpteur travaille tout le jour  sous une paillotte.

Les œuvres qui habitent ce jardin, au premier regard nous émerveillent. Elles représentent  aussi bien des animaux que des hommes, des femmes, des divinités vaudou, des masques souvent grimaçants ou grotesques.

En s’approchant, on voit que beaucoup de ces sculptures qui séjournent là depuis longtemps sont en mauvais état. Les intempéries les fragilisent, mais aussi les termites les dévorent inexorablement. On est saisi devant  tant de beauté éphémère. Pourtant rien ne semble fait pour arrêter ce processus. Sagesse africaine : les choses comme les êtres sont voués à disparaître. Et donc, la valeur n’est que relative et pas marchande comme dans nos sociétés occidentales. Le bois des arbres utilisés a vécu. L’artiste a enlevé à l’extérieur tout le superflu pour arriver à la forme parfaite. Les termites s’emploient secrètement à enlever tout l’intérieur. Bientôt, il ne restera plus rien, que poussière.

Notre promenade dans ce « jardin extraordinaire » restera  dans notre mémoire comme un grand moment de notre séjour auprès de nos amis béninois en 2013.

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